Le jeudi 27 juin 2019, au Ministère de la Santé à Cotonou, des spécialistes des questions de santé de la mère et de l’enfant ont procédé à la validation du document 2018 de surveillance des décès maternels et riposte (SDMR).
C’est à l’initiative du centre de recherche en reproduction humaine et en démographie (CERRHUD), avec la bénédiction du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), que ledit atelier de validation a eu lieu. Il a enregistré à son ouverture l’allocution de M. Cyrille Agossou, représentant du représentant résident de l’UNFPA au Bénin, ainsi que celle de Dr Franck Robert Zannou, Directeur de la Santé de la Mère et de l’Enfant (DSME), représentant le Ministre de la Santé empêché. De leurs interventions, on mesure l’étendue et l’importance du combat qu’il convient de mener afin qu’«aucune femme ne meurt en donnant la vie». Les deux responsables réitèrent l’engagement respectif de leur administration, quant au renforcement du partenariat entre elles. Et le DSME d’exprimer toute sa gratitude aux autres partenaires qui appuient la mise en œuvre de la SDMR au Bénin.
L’assistance a eu droit à une présentation de la synthèse des résultats de la SDMR de 2018, sous le contrôle avisé de Mme Dègan Togla Aurore, directrice adjointe du Centre national hospitalier et universitaire Hubert Koutoukou Maga, assurant la présidence des travaux.
De ladite présentation, il ressort qu’une lente amélioration caractérise les résultats des trois dernières années, la notification des décès maternels et néonatals restant toujours faible autant que la réalisation des audits et la riposte qui demeurent les maillons les plus faibles des piliers de la SDMR.
Suite à la brillante présentation de Mme Christelle Boyi, des discussions sont engagées. Elles ont permis d’identifier les dysfonctionnements au niveau des formations. Ce sont, entre autres:
- le manque de matériels et d’équipements,
- l’insuffisance des ressources humaines de qualité. La recommandation contribuant à remédier à cet état de chose est le recyclage des agents de santé, notamment les infirmières responsables des maternités et la formation de certains agents de santé formés ailleurs qu’au Bénin,
- le manque d’expérience des sages-femmes nouvellement recrutées.
De nature essentiellement contributive, d’autres apports préconisent:
- le suivi des décès maternels et néonatals à travers une initiative présidentielle, comme dans certains pays, et bénéficier de la même attention que celle accordée aux épidémies,
- le renforcement du leadership des responsables au niveau des formations sanitaires,
- la prise en compte des décès maternels et néonatals dans l’analyse des tranches d’âge utilisées et relevant des normes internationales,
- la mise en place d’un système performant de recensement de toutes les naissances et de tous les décès, à travers par exemple l’e-civil, afin de disposer de données exhaustives permettant d’éviter les approximations,
- l'association du comité national SDMR et du Ministère de la santé, pour la mise en œuvre des recommandations formulées dans le rapport nécessitant un lobbying et/ou plaidoyer au haut niveau,
- l’intégration des indicateurs de la SDMR aux critères de performance des formations sanitaires,
- la traduction en action des différentes recommandations issues des audits et du présent rapport afin de faciliter leur mise en œuvre,
- la mise en place d’une stratégie de collecte des données des décès en communauté à l’échelle d’une zone sanitaire ou d’un département,
- l’élargissement des programmes de formations à toutes les formations sanitaires, y compris les Centres hospitaliers et universitaires,
- le traitement équitable des mères et des nouveau-nés dans la notification des décès, l’attribution des ressources en vue de la prise en charge, etc.
Répartis en trois groupes, les participants ont procédé à la relecture et à l’amélioration du rapport de 2018, laissant à la plénière, comme en pareilles circonstances, le soin de consolider par validation les différents apports des participants. L’atelier, qui s’est révélé un vrai succès, est clôturé à la satisfaction de tous, vu la contribution active des uns et des autres et l’ambiance bon enfant dans laquelle les discussions et échanges ont été menés.
PFCOM-DIRCOM-PR/MS