L’amphithéâtre de
médecine de l’Université de Parakou a servi de cadre à la séance de reddition
de compte du Ministre de la santé sur les réformes engagées dans le secteur de
la santé. A cette étape du périple, l'attention des participants a été focalisée
sur le nouveau cadre légal et institutionnel instauré au niveau de cet
important département ministériel. C’était dans l’après-midi du lundi 15 mars
2021.
''Il n’y a pas de réforme viable sans
fondement légal approprié ". C'est le mot d'ordre de l’équipe conduite par
le Ministre de la santé qui a inscrit parmi ses priorités majeures, la prise
d’une série de textes destinés à organiser le secteur de la santé.
Cette ambition a conduit
au vote de deux lois pionnières : la loi portant protection des personnes et la
loi qui organise et encadre les activités pharmaceutiques en République du
Bénin.
Au cours de son exposé,
le Ministre de la santé a fait savoir que la loi portant protection des
personnes est le condensé des droits et
devoirs du praticien et du patient. Il définit le champ d’intervention de
chacun des acteurs de la chaine de prise en charge et insiste sur les actes de
ces derniers pouvant constituer une entorse à la loi. L'autorité a fait savoir
que cette loi a l’avantage de rendre obligatoire l'assurance maladie pour les
pauvres extrêmes et certaines catégories socio professionnelles ainsi que
l’assurance professionnelle qui est en quelque sorte une assurance
responsabilité qui protège le praticien.
La loi portant
organisation de l'activité pharmaceutique, tout aussi importante que la
première a pour fondement d’organiser l’activité pharmaceutique. " Elle
répond à un certain nombre de questions basiques à savoir qui peut ouvrir une
officine pharmaceutique, qui est grossiste répartiteur, comment se font les
contrôles et qui en a la capacité, etc. Ces dispositions légales qui existent
désormais sont accompagnées des textes d'application qui sont en cours de
finalisation », a laissé entendre le Ministre de la Santé.
Par ailleurs, l'Autorité ministérielle a
mentionné un troisième texte en attente d’être voté: il s'agit de la loi
portant exercice en clientèle privée au Bénin. Cette importante loi dont la
première version date de 1997 a déjà été revisitée et adaptée avec
l'implication de toutes les parties prenantes.
A coté de ce travail
législatif et réglementaire, les actions engagées pour l’amélioration de la
gouvernance holistique du département de la santé ont également été exposées.
En effet, toute l’ossature institutionnelle a été revue pour répondre
efficacement aux exigences managériales actuelles. L'autorité ministérielle a
fait remarquer que la finalité de cette « révolution institutionnelle » est
d’avoir un secteur de la santé bien régulé mais aussi bien organisé et plus
réactif avec des orientations précises et des résultats clairs, précis.
De cette œuvre de refonte
institutionnelle sont nés 3 organes socles. Il s’agit du Conseil national des
soins de santé primaire, du Conseil national de la médecine hospitalière et de
l’Autorité de régulation du secteur de la santé. Outre ces organes
d'orientation et d'encadrement des normes, quatre (4) agences ont été créés. Il
s’agit de l’Agence nationale des soins de santé primaire, de l’Agence nationale
de régulation pharmaceutique, de l’Agence des infrastructures, des équipements
et de la maintenance et de l’Agence nationale de contrôle de qualité des
produits de santé et de l’eau.
Ces explications étaient si rassurantes et
l’auditoire averti de Parakou en a pris de la graine. Ces hommes et femmes
venus nombreux écouter la première Autorité du département de la Santé sont
partis rassurés qu’un travail de qualité est en train d’être accompli pour
créer un environnement favorable à l’exercice de la profession médicale et à
l'accès équitable aux soins et services de santé de qualité sur tout le
territoire national.